Crédit photo : YOAN ZORZUTTI Lac de Souba, Haut-Ogooué

L’ARC D’ÉMERAUDE : un écrin de nature préservée à proximité de Libreville

L’ARC D’ÉMERAUDE : un écrin de nature préservée à proximité de Libreville

Dans le monde entier, une course contre la montre est lancée afin que les Etats protègent des espaces de nature en vue de préserver la biodiversité, de poursuivre les recherches scientifiques, notamment médicales et de réduire les impacts du changement climatique. Les parcs nationaux, réserves naturelles et autres aires protégées, doivent maintenir des sites naturels à visiter avec nos enfants, afin de ne jamais oublier les environnements à l’origine de nos cultures, ni les bienfaits de la nature qui nous soigne et nous nourrit.

Au Gabon, des personnalités visionnaires ont compris très tôt la nécessité d’établir un réseau d’aires protégées sur l’étendue du territoire national. Grâce à cela, Libreville est aujourd’hui la seule capitale du bassin atlantique à être entourée d’aires protégées et le Gabon est cité en exemple et envié internationalement.

    Il nous appartient de maintenir et valoriser ce patrimoine inestimable. Il serait difficile aujourd’hui, du fait de la croissance urbaine et de la pression foncière, de mettre en place le parc national d’Akanda ou la Forêt Classée de la Mondah. Il serait par contre aisé de les perdre si l’on n’y apportait pas toute l’attention nécessaire, du fait de la convoitise des spéculateurs fonciers, intéressés à leur seul profit immédiat au détriment de la qualité de vie de leurs concitoyens.

 

L’ARC D’EMERAUDE : qu’est-ce que c’est ?   

C’est un complexe écologique qui s’étend depuis la route de Coco Beach au nord, jusqu’à la zone de Nyonié au sud et qui remonte vers Ntoum et Kango à l’est. Il comprend le parc national d’Akanda, l’Arboretum Raponda Walker et le parc national de Pongara ; ces trois aires protégées sont gérées par l’Agence Nationale des Parcs Nationaux (ANPN). Ce complexe écologique est constitué de différents milieux côtiers, parmi lesquels des forêts pluviales, des savanes, des rivières, des plages sableuses, des côtes rocheuses et de vastes zones de mangroves associées à des vasières.
Chacun de ces habitats naturels abrite différentes communautés d’espèces végétales et animales. Parmi ces dernières, certaines sont présentes toute leur vie, d’autres sont juste de passage au gré de leurs migrations annuelles.

Le parc national  d’Akanda

Il englobe l’ensemble de la baie de la Mondah et les embouchures de nombreuses rivières, dont la Tsini, l’Abondo, l’Ikoy Mondah, la Nzeme, la Mbé, le Ngouandzé et l’Ayong. Ces rivières apportent d’énormes quantités de sédiments, érodés du continent, qui alimentent de vastes bancs sablo-vaseux propices au développement de la mangrove. Cet écosystème estuarien sert d’habitat naturel aux oiseaux d’eau tels que pélicans, grands échassiers et limicoles, ainsi que de nurserie où naissent et grandissent les poissons et crustacés que nous consommons. Les mangroves de la Tsini reçoivent une grande partie des eaux usées de Libreville et assurent leur dépollution. Elles seraient gravement menacées si les quantités de polluants continuaient à augmenter. La destruction des mangroves se fait aussi par coupe et par remblais, qui s’observent de plus en plus souvent le long de la Tsini du fait de personnes inconscientes des dangers et des Lois qui interdisent cette pratique. Les mangroves sont une barrière naturelle contre l’érosion et les inondations ; leur dégradation nous fait courir de graves dangers de catastrophes naturelles. La protection des mangroves est une assurance pour notre futur.

Le parc national de Pongara

    Situé sur la rive gauche du Komo, il abrite sur sa partie terrestre des forêts à okoumés et ozougas, et des savanes où l’on peut observer buffles et éléphants de forêts, à proximité de la Pointe Denis. Les visiteurs plus sportifs iront en forêt et auront peut-être l’occasion d’observer chimpanzés, antilopes, cochons sauvages et, pour les plus chanceux, la panthère du Gabon. Côté atlantique, les longues plages sableuses ne sont interrompues que par la pointe Gombé et les falaises situées plus au sud ; ces vastes étendues sauvages accueillent en fin d’année des centaines de tortues marines, dont les célèbres Luth, qui creusent leur nid et pondent leurs œufs la nuit dans les hauts de plage, mais l’érosion côtière, provoquée par les prélèvements de sédiments et l’élévation du niveau de la mer, est à l’origine de la destruction de nombreux nids. Côté estuaire, d’immenses zones de mangroves entretiennent la richesse halieutique exploitée par la pêche artisanale. Comme le parc d’Akanda, Pongara est une zone humide RAMSAR* d’importance internationale accueillant de nombreux oiseaux d’eau parmi lesquels les pélicans et les flamants roses.

L’Arboretum Raponda Walker

La superficie de la magnifique forêt classée de la Mondah s’est beaucoup réduite au cours des deux dernières décennies, du fait de successifs déclassements et de la croissance urbaine. L’Arboretum Raponda Walker (ARW) a été créé en 2012 pour protéger la dernière partie intacte de la forêt, assurer une coupure à l’urbanisation et maintenir une ceinture verte permettant la connexion écologique entre le parc d’Akanda et l’estuaire. La forêt de la Mondah est un trésor écologique incomparable, qui, à moins de 20 km du centre de Libreville, abrite près de quarante espèces endémiques d’arbres, épiphytes et plantes de sous-bois. Elle offre de multiples opportunités pour les activités de plein air et l’éducation à l’environnement.

Visiter et découvrir

Il vous est possible de découvrir toutes ces splendeurs, le temps de quelques heures, d’un week-end ou de plusieurs jours. En fonction de votre temps et de votre budget, vous trouverez le programme qui vous convient. Il y a en a pour toutes les bourses !

    Il est fort possible que vos enfants aient déjà parcouru les sentiers du Bois des Géants dans l’ARW (route du Cap Esterias) : en trois ans, plus de 7500 enfants ont eu cette chance ! Les écoguides de l’ANPN accueillent les classes de maternelle et primaire lors de visites scolaires qui, depuis 2015, sont organisées en collaboration avec l’ONG GRASNAT et le concours financier de TOTAL Gabon.

    Les sentiers sont accessibles gratuitement au public et offrent en toute sécurité des promenades de durées variées, de 30 mn à plus de 4h dans des paysages forestiers splendides. Si vous le souhaitez, les écoguides vous accompagnent et vous donnent des explications sur la nature qui borde les chemins, contre une rétribution tarifée (04 46 13 79 – 04 24 39 84).

    Au parc national d’Akanda, vous pourrez glisser en pirogue au milieu des gigantesques mangroves en contactant le conservateur du parc pour organiser une sortie (07 28 58 90 – 07 58 49 57). Depuis Ambowé ou cap Caravane, ce n’est qu’à quelques dizaines de minutes et le spectacle est garanti avec l’observation de majestueux oiseaux d’eau dans leur milieu naturel.

    Pour le parc national de Pongara, il existe divers opérateurs touristiques proposant leurs services. Selon les périodes de l’année vous pourrez observer les baleines à bosses (juillet et août), les tortues Luth (novembre à mars) et les éléphants à la saison des mangues. Les contacts de différents opérateurs touristiques peuvent être trouvés en page 291 de ce guide. Au sud du parc, le campement de Nyonié offre sans aucun doute l’un des meilleurs rapports qualité prix, avec une ambiance chaleureuse, ainsi que la garantie d’observer des animaux et des paysages d’une beauté remarquable lors des safaris de fin de journée.

Un programme d’aménagement pour vous permettre de mieux profiter des richesses naturelles de la région

Vue d'artiste - sentier 4

L’Arc d’Emeraude, c’est aussi le nom d’un grand programme mis en œuvre par l’Agence Nationale des Parcs Nationaux, avec le concours de l’Agence Française de Développement et de TOTAL Gabon. Parmi les grandes réalisations prévues au titre de ce projet figurent les portes d’entrée des parcs nationaux d’Akanda et de Pongara. Il s’agira de tours de vision de 10 mètres de haut associées à des bâtiments d’accueil, des services de guidage et des activités de plein air.
   
    En 2018 dans l’ARW sera construit le plus grand centre d’éducation à l’environnement forestier du continent africain. Il est conçu et réalisé avec des partenaires tels que BIOTOPE, CRESOLUS, ECOWOOD et 3iD Gabon, ainsi que des ONG nationales comme CADDE. Les 1500 mètres aménagés du Sentier de la Découverte, bordés de nombreux panneaux pédagogiques et d’installations didactiques accueilleront les classes de Libreville et des communes voisines pendant la semaine et les familles le week-end. Il pourra recevoir plus de 25000 visiteurs par an et offrira, grâce à une mallette pédagogique, un support inédit aux écoles pour valoriser les sorties classes vertes une fois de retour en cours.

    Plusieurs projets annexes sont en conception qui viendront compléter ce parc d’attractions pédagogiques forestier, parmi lesquels un chemin suspendu au-dessus de la canopée, une salle de classe dans les arbres, un parcours sportif et un parcours dédié aux installations artistiques.

Vivez l’Arc d’Emeraude dès aujourd’hui        

    Nous espérons que cet article vous aura convaincu qu’avant même la réalisation de ces projets, vous disposez déjà de nombreuses opportunités pour visiter la nature magnifique qui entoure Libreville. Rendez-vous au plus vite sous les okoumés du Bois des Géants, le long des plages de Pongara ou dans les mangroves d’Akanda, profitez de l’Arc d’Emeraude, il nous appartient à tous !

 

Par Mathieu Ducrocq Coordinateur du Projet Arc d’Emeraude

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