10e Anniversaire de la création des parcs nationaux et de l’Agence Nationale des Parcs Nationaux du Gabon (ANPN)

10e Anniversaire de la création des parcs nationaux et de l’Agence Nationale des Parcs Nationaux du Gabon (ANPN)

La création de 13 parcs nationaux a été annoncée en 2002 par feu le Président Omar Bongo Ondimba au Sommet de la Terre de Johannesburg. Il faudra attendre la loi n°003/2007 du 27 août 2007 pour voir la création du réseau des parcs nationaux et de l’Agence Nationale, son organisme de gestion.

 

Cette décision gouvernementale a grandement influencé d’une part, les décisions de la transformation de
l’industrie du bois vers un développement durable de l’exploitation forestière et la création d’usines de transformation sur le territoire gabonais et d’autre part, la mise en place d’une stratégie de lutte contre les changements climatiques avec l’annonce de la loi du développement durable promulguée en 2014.

L’année 2007 a connu la finalisation du réseau des sites Ramsar (zones humides d’importance internationale) qui englobe 9 sites d’une superficie totale d’environ 2.5 millions d’ha et le classement du parc national de la Lopé avec 6 ensembles historiques qui protègent les sites archéologiques, au rang de site mixte nature / culture du patrimoine mondial de l’humanité. L’obtention de ce double statut est exceptionnelle car seulement 35 sites dans le monde l’ont acquis.

2017 est donc l’année du dixième anniversaire de la création des parcs nationaux et de son agence (ANPN), de la mise en place des sites Ramsar et du classement de la Lopé au patrimoine mondial de l’Unesco.

Les parcs nationaux et les autres aires protégées, concourent à la protection aujourd’hui d’environ 21% du territoire du Gabon. On y trouve la plupart des trésors naturels de la nation : les chutes de Koungou, de Djidji et d’Iboundji ; les paysages spectaculaires de la Lopé, de Wonga Wongué et des Plateaux Batéké ; les plages de Pongara, Loango et Mayumba et les sommets des Monts de Cristal et du Massif du Chaillu.Ces derniers sont couverts des forêts les plus riches (en terme de biodiversité) d’Afrique et servent de châteaux d’eau au pays tout entier.

Singe_Baleine

A Pongara, Loango et Mayumba, les éléphants, les hippopotames, les buffles et même des gorilles, cheminent sur les plages de l’océan Atlantique alors que les baleines à bosse sautent à l’horizon ; chaque année s’y met en place la plus grande migration de tortues luths et olivâtres qui montent sur les hauts de plage pour faire leurs nids.

A Loango et Moukalaba, les équipes de chercheurs travaillant avec l’ANPN, ont habitué les gorilles à la présence de l’homme afin que les touristes puissent les observer de très près ; à la Lopé et à Bakoumba, les groupes de mandrills qui peuvent dépasser 1 000 individus, portent des colliers émetteurs pour permettre aux scientifiques et aux visiteurs de les localiser et de les pister afin d’observer l’animal que Charles Darwin a décrit comme le « plus spectaculaire des primates » et que Walt Disney a nommé « Nganga », (homme sage) dans son Roi Lion. A Waka, Lopé et Birougou, un singe unique au Gabon, le singe à queue de soleil, découvert par les scientifiques en 1984 seulement, est un indicateur des « forêts refuges ». Ces dernières ont résisté aux cycles des changements climatiques qui ont affecté notre planète depuis des millions d’années, comme des «arches de Noé» de la forêt tropicale africaine. Elles constituent aujourd’hui un sanctuaire
pour des milliers d’espèces uniques au Gabon.

A Langoué, dans le parc d’Ivindo, comme dans le baï de Mwagna, les gorilles, les éléphants, les buffles, les potamochères (sangliers) et les sitatungas se côtoient comme dans un jardin d’Éden où les animaux n’ont jamais connu l’homme. De la même façon à Massouna 2 000 toujours dans le parc d’Ivindo, les chimpanzés n’ont aucune peur lors de rencontres avec les équipes de scientifiques et on peut même avoir l’occasion d’y observer les magnifiques antilopes bongos, très rares au
Gabon.

Les parcs et les aires protégées ne sont pas là simplement pour protéger la nature ; on y retrouve toute une diversité culturelle, ainsi qu’une richesse archéologique datant de plus de 400 000 ans, ce qui a valu au parc national de la Lopé le statut de site mixte nature /culture du patrimoine mondial.

Serval_Antilope

Que ce soit les gravures rupestres de la Lopé datant du début de l’ère chrétienne, ou les vestiges des cérémonies de chasse dans les grottes de Lastoursville il y a 5 000 ans, le Gabon est le berceau de l’homme en Afrique Centrale. Le pays regorge également de vestiges plus récents, témoins de la grande migration des Bantu qui, poussés par les changements climatiques il y a 3 000 ans, ont marché du Gabon jusqu’en Afrique du Sud, là où nos frères Bantous les Zoulous, parlent une langue reconnue par certaines ethnies du Gabon.

Les parcs et aires protégées recèlent de nombreux services écosystémiques – la majorité des poissons que l’on mange à Libreville débutent leurs vies comme alevins dans les mangroves de Pongara et Akanda ; la moitié de l’électricité de Libreville provient des barrages de Tchimbélé et Kinguélé, alimentés en eau par les contreforts montagneux du parc national des Monts de Cristal. Les parcs de Birougou, Minkébé et Monts de Cristal sont les châteaux d’eau de la nation qui alimentent les principales rivières en eau pure ; les forêts protégées au sein des parcs et réserves constituent un important puits de carbone*, contribuant ainsi à la lutte contre les changements climatiques. La biodiversité représente un service vital pour l’humanité : une source de médicaments, d’aliments et par ailleurs d’éléments pour les produits cosmétiques.

En dix ans l’ANPN est devenue une référence pour la bonne gestion des parcs nationaux en Afrique Centrale, avec 700 hommes et femmes dédiés à la protection, la gestion et la valorisation des parcs nationaux. Au cours de la prochaine décennie notre ambition est de devenir une référence internationale de bonne gestion, de transformer le Gabon en une « Mecque de la Nature » et d’accueillir de nombreux écotouristes venus découvrir nos trésors naturels et culturels.

Couvrant les neuf provinces du Gabon, souvent dans des zones bien reculées, les parcs nationaux représentent un projet de développement durable par excellence. Pour mettre en valeur leur potentiel nous allons être amenés à investir dans des lodges et des hôtels, à améliorer les infrastructures logistiques et à former un personnel de qualité pour accueillir et guider les touristes. Enfin, il sera nécessaire de développer un système de santé local plus performant.

L’année 2017 va également voir la création d’aires protégées marines ainsi que le classement de deux sites uniques au monde de Valeur Universelle Exceptionnelle : le site de Bangombé qui raconte l’histoire naturelle d’un stockage d’éléments radioactifs réussi à 20 mètres sous terre pendant 2 milliards d’années et le gisement fossilifère de Moulendé qui abrite les premiers organismes fossiles pluricellulaires, les plus vieux du monde, datés de 2,1 milliards d’années.

Notre vision est de développer un secteur écotouristique capable d’accueillir 30 à 50 000 touristes au Gabon en 2025, créant 5 à 7 000 emplois directs et autant d’emplois indirects. Les parcs nationaux pourraient par conséquent réaliser une contribution importante à la diversification de l’économie du Gabon, tout en fournissant d’une façon durable de nombreux services écosystémiques qui sont plus difficiles à quantifier. Les parcs nationaux et les réserves sont ainsi une des pièces maitresses du Plan Stratégique Gabon Émergent, vision du Président de la République, Son Excellence Ali Bongo Ondimba, d’un développement durable pour le Gabon et tous les Gabonais.

Chuttes

        

Par Prof. Lee White et Richard Oslisly (ANPN)